10 mar
Vers une professionnalisation accrue des instances
dirigeantes.
L’adoption de
l’Instruction n° 46-25 marque une volonté de la COSUMAF de porter la
gouvernance des institutions financières aux standards internationaux. En
s’appuyant sur les jalons posés par l’instruction précédente (n° 33-24), ce
nouveau texte impose des exigences de qualification académique et d’expérience
professionnelle nettement plus rigoureuses.
L’objectif est triple :
Du principe à la procédure : Ce que disent les textes
Si
l’Instruction n° 33-24 du 28 novembre 2024 posait les principes d’honorabilité
et de compétence obligeant les institutions à formaliser leurs propres
politiques de nomination, l’Instruction n° 46-25 du 15 décembre 2025
instaure, elle, un cadre procédural d’agrément obligatoire extrêmement précis.
Désormais, les
conditions d’éligibilité (Article 4) reposent sur des critères cumulatifs
stricts :
Le dossier
d’agrément devient exhaustif, exigeant notamment des extraits de casier
judiciaire pour chaque pays de résidence des dix dernières années, des
déclarations sur l’honneur de non-condamnation, ainsi que le règlement de frais
d’instruction s’élevant à 250 000 FCFA.
Une complémentarité sous tension : Les défis de la
transition
Loin de se
télescoper, ces deux instructions se complètent : la première définit la
structure de gouvernance interne, tandis que la seconde agit comme un filtre
sélectif à l’entrée.
Toutefois,
cette avancée salutaire soulève des interrogations opérationnelles. La note
circulaire fixe au 19 mai 2026 la date limite pour la régularisation des
dirigeants actuels. Ce calendrier serré fait peser deux risques majeurs sur
l’écosystème financier :
Avec ce nouveau dispositif, le marché financier de la CEMAC entre indubitablement dans une nouvelle ère de rigueur. Si le renforcement de la crédibilité du marché est à ce prix, le succès de cette réforme dépendra de la capacité des institutions à s’ajuster rapidement à ces nouvelles exigences de conformité.